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Violentomètre : comment lire cette règle en trois couleurs, avant la course #STOP du 20 novembre à Lille
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Violentomètre : comment lire cette règle en trois couleurs, avant la course #STOP du 20 novembre à Lille

28 octobre 20265 min de lecture

Le vendredi 20 novembre, la Citadelle de Lille accueille la 8e édition de la course #STOP aux violences faites aux femmes. Coureuses, coureurs et marcheurs s'y retrouvent sur un 10 km, un 5 km course ou un 5 km marche, à l'initiative de la Ville de Lille, d'Osez le féminisme 59 et du Lille Métropole Athlétisme. Cinq jours plus tard, le 25 novembre, c'est la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

C'est aussi la période où une petite règle colorée refait surface : sur les sacs à pain, dans les pharmacies, sur les affiches des mairies. Graduée du vert au rouge, elle s'appelle le violentomètre. Beaucoup l'ont déjà croisée sans prendre le temps de la lire. Voici comment faire.

Le violentomètre, c'est quoi ?

Le violentomètre est un outil de prévention lancé en France en 2018 par l'Observatoire parisien des violences faites aux femmes, l'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis et l'association En avant toute(s). Il s'inspire d'un outil né en Amérique latine.

Sa fonction est simple : aider à se demander si une relation amoureuse repose sur le respect et le consentement, ou si des comportements violents s'y sont installés. Pensé au départ pour les jeunes filles et les jeunes femmes, il peut être utilisé par tout le monde, quel que soit le genre ou l'âge.

Concrètement, il prend la forme d'une règle graduée qui présente 23 situations, réparties en trois zones de couleur.

Comment lire le violentomètre

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La règle se lit de gauche à droite, comme une jauge. Plus on avance, plus la situation décrite est grave. Chaque zone porte son propre mot d'ordre.

Vert : « Profite »

La première zone décrit une relation saine. On y trouve des situations du quotidien qui paraissent évidentes, et c'est justement leur intérêt : elles servent de point de repère. L'autre « respecte tes décisions et tes goûts », « accepte tes ami.e.s et ta famille », « s'assure de ton accord pour ce que vous faites ensemble ».

Orange : « Vigilance, dis stop ! »

La deuxième zone est souvent celle qui surprend le plus. Elle regroupe des comportements que l'on banalise parfois, mais que la règle classe déjà du côté de la violence : faire du chantage quand l'autre refuse quelque chose, fouiller ses textos, ses mails et ses applis, contrôler ses sorties, ses habits ou son maquillage.

Le message est net. Ces attitudes ne relèvent pas d'un simple « caractère difficile ». Elles appellent à la vigilance et justifient de poser une limite.

Rouge : « Protège-toi, demande de l'aide »

La dernière zone décrit des situations de danger : les coups, la menace de diffuser des photos intimes, les relations sexuelles imposées. Ici, la règle ne parle plus de vigilance. Elle invite à se mettre en sécurité et à demander de l'aide.

Au verso : le consentement

On l'oublie souvent, mais la règle a deux faces. Au dos figure une définition du consentement : le fait de donner son accord de manière consciente, libre et explicite, à un moment donné, pour une situation précise. Ce choix peut être retiré à tout moment, sans avoir à se justifier ni à subir de pression.

Comment s'en servir, pour soi ou pour une proche

Le violentomètre n'est pas un test et ne donne pas de score. C'est un repère, qui aide à mettre des mots sur ce que l'on vit ou sur ce que l'on observe. Ses deux usages sont prévus dès sa conception : la prévention, pour informer, et l'accompagnement, pour évaluer une situation de danger.

Pour soi, il suffit de parcourir les 23 situations et de repérer celles qui font écho. Si certaines se trouvent en orange ou en rouge, c'est un signal à prendre au sérieux, et une bonne raison d'en parler à une personne de confiance ou à un service spécialisé.

Pour une proche, la règle peut servir de point de départ à une conversation. Elle permet d'aborder le sujet à partir d'exemples concrets, sans plaquer d'étiquette sur la relation de l'autre.

L'outil prend toute sa force quand il n'est pas lu seul. Isabelle Bauer, autrice de Laissée pour morte, l'a découvert au moment de porter plainte, en le parcourant avec une personne qui lui posait des questions :

« Pour moi, ça a été un choc électrique mais j'étais accompagnée. »

Le violentomètre ouvre la discussion. Il ne la remplace pas.

Où trouver un violentomètre ?

La version de référence est téléchargeable gratuitement en PDF sur le site de la Ville de Paris. Elle existe en 23 langues, ainsi qu'en version FALC (facile à lire et à comprendre), en braille et en langue des signes française.

Le violentomètre est aussi diffusé à Paris et dans plus de 150 collectivités françaises, sur des supports du quotidien : sacs à pain, sacs de pharmacie, affiches, kakémonos. La Métropole de Lyon en a ainsi distribué 260 000 exemplaires dans ses commerces en 2023.

Le 20 novembre, à la Citadelle

Vendredi 20 novembre, la 8e édition de la course #STOP réunit à la Citadelle de Lille celles et ceux qui veulent se mobiliser contre les violences faites aux femmes, en courant ou en marchant. Une soirée de sport, et une bonne occasion de garder en tête ces trois couleurs : celles qui aident à reconnaître une situation, et à savoir vers qui se tourner.

Infos et inscriptions sur le site officiel de la course.

Besoin d'aide ?

Si vous vivez une situation de violence, ou si vous vous inquiétez pour une proche, des services spécialisés peuvent écouter et orienter.

  • En cas d'urgence : le 17 (police ou gendarmerie), ou le 112 depuis un portable.

  • Par SMS : le 114, pour les personnes qui ne peuvent pas parler ou entendre.

  • 3919, Violences Femmes Info : numéro national, anonyme et gratuit, pour être écoutée et orientée.

  • arretonslesviolences.gouv.fr : informations et signalement en ligne.

  • Tchat « Comment on s'aime » de l'association En avant toute(s), pour en parler par écrit.

  • Enfants en danger : le 119.

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